Une marionnette à taille humaine
- Stela Godoy
- 8 févr.
- 2 min de lecture
Khadija est une habituée de l’atelier. Déjà formée chez nous à la fabrication de masque en papier et en liège, elle est revenue cette fois pour se consacrer à l’art de la marionnette.
Son projet s’est nourri de l’univers de Frida Kahlo, non pas de la figure en tant que telle, mais de sa force intérieure, de sa capacité à traverser les douleurs — physiques comme émotionnelles — et à transformer l’épreuve en puissance de vie.

Khadija s’est particulièrement inspirée de Fulang-Chang, le petit singe domestique préféré de Frida. On peut le retrouver dans plusieurs de ses peintures, tendrement assis sur son épaule. L’idée de départ était simple : reproduire un petit singe qui resterait posé sur l’épaule du comédien.
Mais à l’atelier, tout commence toujours par le cahier des charges.C’est la première étape de notre processus de création, aussi bien pour les masques que pour les marionnettes. C’est là que les intentions se posent, que les désirs se formulent, que l’on commence à matérialiser ce que l’on a réellement envie de donner à voir et à faire vivre.
En entrant plus profondément dans le personnage, en questionnant ce que cette marionnette avait véritablement à exprimer, le petit singe s’est métamorphosé. Il est devenu un singe à taille humaine !
Un être à part entière, avec un corps compact, mais avec de grands bras et de très longues jambes, aussi gracieux qu’une ballerine — comme s’il pouvait danser à travers les obstacles de la vie, les surmonter par le mouvement.
Un personnage de si grande envergure pose un véritable défi : comment manipuler une marionnette presque aussi grande que le comédien ?
Il a fallu plusieurs tests et ajustements pour que son singe puisse trouver ses gestes, ses mouvements et sa présence. C’est dans cette relation — subtile, exigeante, sensible — que le personnage trouve sa véritable incarnation.
Une marionnette n’existe pleinement que dans la relation intime qui se tisse entre elle et le comédien qui la manipule. Avec l’accompagnement de Patricia, Khadija a relevé les défis techniques et artistiques, donnant naissance à un personnage profondément vivant. Parce que donner vie à une marionnette, c’est aussi transmettre un savoir du corps, nous accordons une attention toute particulière à ces enjeux de manipulation. Restez donc connectés : de nouvelles propositions verront bientôt le jour à l’atelier.



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