Quand le dessin prend vie
- Stela Godoy
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
À l’atelier, chaque création commence par une rencontre. Benjamin est conteur. Son métier ? Inventer des mondes où les enfants deviennent acteurs, où ils résolvent des énigmes, où l’imaginaire prend le pouvoir. Jusqu’ici, il utilisait une marionnette à gaine classique. Mais il lui manquait des bras plus longs… plus de mouvement, plus de présence, plus de vie

C’est ainsi qu’est né Fibo.
Du dessin au volume : apprivoiser la matière
Le premier défi était de taille : donner vie à un dessin. Passer d’une idée à plat à un être en volume, capable d’exister dans l’espace et d’interagir avec un public, est toujours une étape délicate.Au début, Fibo ressemblait davantage à une montagne qu’à un personnage… et cela a fait naître des doutes.
Pour dépasser cette étape, nous avons utilisé une technique essentielle à l’atelier : le patronage. Inspirée des savoir-faire de la couture, cette méthode permet de construire le volume avec précision, comme une architecture souple. Petit à petit, Benjamin a apprivoisé la forme, ajusté les courbes, affiné la silhouette… jusqu’à voir apparaître Fibo.
Mais Fibo ne s’arrête pas à sa forme. Dans son ventre se cache une surprise : une petite porte secrète. Et à l’intérieur… Loulou. Une créature inattendue, une petite boule de poils ailée, complice et inséparable. Et là, un autre défi technique de taille : creuser le ventre de Fibo ! Retirer de la matière pour créer l’espace de vie de Loulou, sans fragiliser la structure, n’était pas évident. Avec patience, Benjamin a su tailler la mousse avec précision… et même fabriquer une véritable petite porte.

Le défi du mouvement
Créer une marionnette, ce n’est pas seulement lui donner une forme. C’est lui donner une capacité à vivre. L’un des grands défis pour Benjamin a été la bouche, inspirée du fonctionnement des Muppets. Un travail complexe, qui demande de repenser toute la structure de la tête pour permettre une articulation fluide. Et avec une forme aussi singulière que celle de Fibo, rien n’était évident. Mais c’est là que la magie opère : quand la technique rencontre l’intuition ainsi que les précieux conseils de Patricia !
Construire sa marionnette, c’est aussi commencer une relation. Benjamin connaît Fibo de l’intérieur. Chaque choix, chaque contrainte, chaque solution fait partie de lui. Mais une autre étape commence maintenant : la manipulation. Donner vie à une marionnette est un art à part entière. Un chemin d’apprentissage, sensible et exigeant.
À l’atelier, nous transmettons les clés, mais c’est sur le terrain que la relation se révèle pleinement.
Voir Fibo naître a été un vrai moment de joie pour nous ! Parce qu’au fond, ce que nous aimons, ce n’est pas seulement fabriquer des marionnettes. C’est voir émerger des univers et des vrais rencontres.




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